La Maison des arts d’Antony explore l’Indochine d’Alix Aymé

La Maison des arts d’Antony explore l’Indochine d’Alix Aymé

Du 18 février au 19 avril 2026, la Maison des arts d’Antony accueillera l’exposition L’Indochine d’Alix Aymé. Installé au Parc Bourdeau dans un ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle et inauguré en 1992, cet équipement culturel municipal est dédié aux expositions temporaires. Il s’adresse à l’ensemble des publics grâce à la gratuité d’entrée, à des aménagements favorisant l’accessibilité et à une programmation culturelle attentive aux publics scolaires et familiaux.

Depuis son ouverture, la Maison des Arts d’Antony occupe une place structurante dans la vie culturelle locale. Elle propose des expositions qui permettent d’aborder l’histoire de l’art, les pratiques contemporaines et les grands courants artistiques, tout en maintenant une exigence de médiation et de transmission.

Les grands axes de l’exposition

L’exposition L’Indochine d’Alix Aymé retrace le parcours singulier d’une artiste dont la vie fut marquée par les voyages, les déplacements et une recherche constante d’harmonie. Née à Marseille en 1894 sous le nom d’Alix Hava, Alix Aymé développe très tôt un talent pour le dessin.

Formée à Paris, elle est élève à l’Académie de la Grande Chaumière avant d’intégrer les Ateliers d’Arts Sacrés dirigés par Maurice Denis, figure du mouvement Nabi. Cette formation académique rigoureuse nourrit durablement sa pratique et son sens de la composition.

Une vie d’artiste façonnée par les voyages

À l’âge de 26 ans, Alix Aymé quitte la France pour Shanghai. Ce départ marque un tournant majeur dans sa trajectoire artistique. Entre 1920 et 1945, elle passe l’essentiel de son temps en Asie, principalement au Vietnam, où elle enseigne le dessin.

Ses nombreux déplacements la conduisent également en Chine, au Japon, en Corée, au Cambodge et au Laos. Elle séjourne notamment à Luang Prabang, où elle réalise le décor d’une salle du palais royal. Ces expériences nourrissent une œuvre attentive aux paysages, aux scènes de vie et aux gestes du quotidien, sans recherche d’exotisme spectaculaire.

Comprendre ce que fut l’Indochine

L’exposition s’inscrit dans le contexte historique de l’Indochine française, territoire constitué entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Officiellement appelée Union puis Fédération indochinoise, elle regroupait la Cochinchine, les protectorats de l’Annam et du Tonkin au Vietnam, le Cambodge, le Laos, ainsi que le territoire chinois de Kouang-Tchéou-Wan.

Ce vaste ensemble colonial, issu de conquêtes menées entre 1858 et 1907, n’était pas une colonie de peuplement mais une zone d’exploitation économique, fondée notamment sur la culture du riz, du caoutchouc et l’extraction de minerais. La France y développa des infrastructures, des systèmes de santé et d’éducation, tout en maintenant une société profondément inégalitaire.

Les monarchies locales furent affaiblies, en particulier au Vietnam, tandis que le Cambodge et le Laos se structuraient progressivement comme États. Des révoltes éclatèrent régulièrement et, dans l’entre-deux-guerres, les mouvements indépendantistes gagnèrent en influence. La Seconde Guerre mondiale et l’occupation japonaise entraînèrent l’effondrement de l’administration coloniale en 1945, avant la guerre d’Indochine et les accords de Genève de 1954, qui mirent fin à la présence française.

C’est dans ce contexte complexe qu’Alix Aymé a travaillé et enseigné. Son œuvre ne se veut pas documentaire, mais elle témoigne d’un regard attentif porté sur les cultures et les formes artistiques d’Asie du Sud-Est.

La laque, un médium central dans l’œuvre d’Alix Aymé

Parmi les techniques qu’Alix Aymé adopte et approfondit, la laque occupe une place essentielle. Issue de la résine d’arbustes de la famille des Anacardiacées, la laque est toxique à l’état liquide mais devient neutre une fois sèche. Elle forme alors un revêtement solide et durable.

Ce médium se distingue par sa souplesse, sa longévité, son adhérence, son imperméabilité et sa résistance à l’usage. Il protège également les œuvres des insectes et de la moisissure. On parle de la laque pour désigner la technique, et du laque pour l’objet réalisé.

Au Vietnam, la laque avait presque disparu lorsque Alix Aymé s’y intéresse. Elle contribue à son renouveau, notamment dans le cadre de l’enseignement artistique. À partir des années 1940, la laque devient son principal moyen d’expression et le fil conducteur d’un corpus d’œuvres élaboré avec patience et exigence.

Le retour en France et la reconnaissance

De retour en France en 1945, Alix Aymé poursuit une œuvre abondante à partir de ses croquis asiatiques. Elle peint, dessine, écrit et illustre des articles et des ouvrages, tout en continuant à pratiquer la laque jusqu’à la fin de sa vie.

Sa reconnaissance repose sur la synthèse qu’elle opère entre les traditions académiques européennes et les techniques asiatiques. Longtemps restée en retrait, elle bénéficie depuis plusieurs années d’une réévaluation de son travail, soutenue notamment par l’Association des Amis d’Alix Aymé, créée en 2012.

Les événements autour de l’exposition à Antony

La Maison des arts d’Antony accompagne l’exposition de plusieurs temps forts ouverts au public.

Vernissage
Mardi 17 février à partir de 19h
Gratuit, sans réservation

Visites guidées
Plusieurs visites sont proposées en présence d’une médiatrice culturelle
Durée environ 1h
Gratuit, sans réservation, dans la limite des places disponibles

Concert
Dimanche 12 avril à 17h
Concert de cithare vietnamienne par Ho Thuy Trang, du Centre Mandapa
Durée 1h
Gratuit, sans réservation, dans la limite des places disponibles

Pour connaître l’ensemble des animations, ateliers et rendez-vous proposés autour de l’exposition, il est recommandé de consulter le site de la Maison des arts, où le programme complet est détaillé et mis à jour.

Avec L’Indochine d’Alix Aymé, la Maison des arts d’Antony propose une lecture approfondie du parcours d’une artiste dont l’œuvre témoigne d’un dialogue durable entre traditions artistiques européennes et asiatiques, inscrit dans l’histoire culturelle du XXe siècle.

📅 Date : 17 février 2026 à 19:00+ Google Agenda Ajouter à Google Agenda+ .ics Télécharger fichier .ics

📍 Lieu : Maison des Arts, Parc Bourdeau, 20 rue Velpeau, 92160 Antony

🔗 Pour en savoir plus : Voir sur le site de la Maison des Arts

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