Une maison du début du XXe siècle menacée au cœur d’Antony

Une maison du début du XXe siècle menacée au cœur d’Antony

À Antony, les questions d’urbanisme et de cadre de vie suscitent régulièrement des mobilisations citoyennes. Depuis plusieurs semaines, une association locale attire l’attention sur l’avenir d’un pavillon ancien situé au 44 avenue Gabriel Péri, au cœur de la ville. Ce dossier mêle enjeux patrimoniaux, environnementaux et règles d’aménagement urbain.

Une association engagée pour le patrimoine et l’environnement à Antony

Créée en 2009, ASPEA a pour objet de protéger et sauvegarder le patrimoine architectural, de défendre l’environnement et le cadre de vie, et de lutter contre les nuisances et les pollutions, dans une perspective de développement durable à Antony.

L’association est née dans un contexte de fortes évolutions urbaines. Elle a été fondée à la suite de l’adoption, en 2008, d’un nouveau Plan local d’urbanisme. Selon l’ASPEA, ce document faisait peser des menaces sur certains éléments du patrimoine architectural et sur des jardins anciens arborés, en particulier dans les secteurs soumis à une pression foncière élevée.

Depuis sa création, l’association suit de près les projets d’aménagement et les documents d’urbanisme, avec une attention portée aux équilibres entre développement urbain, environnement et identité architecturale locale.

Le Plan local d’urbanisme, un document central pour la ville

Le Plan local d’urbanisme, souvent désigné par l’acronyme PLU, est un document réglementaire qui fixe les règles d’aménagement et d’utilisation des sols à l’échelle d’une commune ou d’un groupement de communes. Il traduit un projet global d’urbanisme et encadre les constructions, les hauteurs des bâtiments, ou encore la protection de certains espaces.

À Antony, comme ailleurs, le PLU intercommunal joue un rôle déterminant dans l’évolution du tissu urbain. Il peut intégrer des dispositifs de protection du patrimoine bâti ou paysager, mais ces protections peuvent évoluer dans le temps en fonction des choix politiques et des orientations retenues.

C’est précisément sur ce terrain que se situe aujourd’hui la mobilisation de l’ASPEA.

Une mobilisation dans le contexte des élections municipales de 2026

À l’approche des élections municipales de 2026, l’association a décidé d’interpeller les listes et les candidat·es déclaré·es. Elle leur demande de s’engager sur une charte pour la préservation du patrimoine architectural et environnemental.

L’ASPEA indique qu’elle communiquera publiquement sur les réponses reçues. Cette démarche vise à inscrire les enjeux patrimoniaux et environnementaux dans le débat municipal, alors que les projets immobiliers et les évolutions du PLU font régulièrement l’objet de discussions à Antony.

En parallèle, l’association a lancé une pétition ciblée sur un site précis, situé avenue Gabriel Péri.

Le 44 avenue Gabriel Péri, un pavillon ancien au cœur de la ville

La pétition porte sur la sauvegarde de la maison et des arbres du 44 avenue Gabriel Péri. Il s’agit d’un pavillon du début du XXe siècle, situé dans un secteur central de la commune.

Ce bâtiment a été conçu par l’architecte René Gravier, qui fut architecte communal entre 1911 et 1935. Il a également participé à la construction de groupes scolaires de l’avant-guerre. Le pavillon s’inscrit dans une période où l’architecture pavillonnaire a largement façonné le paysage urbain d’Antony.

À l’emplacement de cette maison, un projet prévoit la construction de deux bâtiments représentant dix logements, avec une hauteur annoncée de douze mètres. Pour l’association, la démolition de ce pavillon reviendrait à effacer une partie de l’identité architecturale locale.

Une architecture pavillonnaire caractéristique d’Antony

Le pavillon du 44 avenue Gabriel Péri est présenté par l’ASPEA comme représentatif de l’architecture pavillonnaire qui s’est développée à Antony au tournant des XIXe et XXe siècles.

Il se distingue notamment par une façade en pierre meulière, matériau très utilisé dans la région à partir du XIXe siècle. La maison présente également des modénatures et bandeaux décoratifs, des fenêtres surmontées de linteaux, ainsi que des garde-corps travaillés.

Le jardin arboré, avec des arbres de haute tige, fait partie intégrante de l’ensemble. Ces éléments contribuent à l’intérêt architectural et paysager du site, tel que le décrit l’association.

La pierre meulière, un matériau régional emblématique

Depuis le XIXe siècle, la pierre meulière a constitué une ressource importante pour l’architecture régionale, en particulier dans la banlieue parisienne. Robuste, non gélive et résistante à l’érosion, elle a été largement utilisée pour la construction de pavillons.

Les maisons en pierre meulière sont facilement identifiables par leur façade rugueuse, aux teintes allant du beige à l’ocre. Leur structure associe légèreté et solidité, tandis que la texture poreuse et la couleur chaleureuse participent à leur aspect authentique.

À Antony, de nombreux pavillons anciens témoignent encore de cet héritage architectural, même si certains ont disparu au fil des opérations immobilières.

Un statut de bâti remarquable remis en question

Selon l’ASPEA, les qualités architecturales du pavillon avaient conduit la commune à reconnaître officiellement le bâtiment comme bâti remarquable. Une protection était alors inscrite dans les documents d’urbanisme.

Un bâti remarquable désigne un bâtiment identifié par une collectivité comme présentant un intérêt particulier, sans pour autant être classé ou inscrit au titre des monuments historiques. Ce type de reconnaissance permet, en principe, de mieux encadrer les transformations ou les démolitions.

Le pavillon du 44 avenue Gabriel Péri a toutefois été retiré de la liste des bâtis remarquables, liste consultable sur le site de Vallée Sud Grand Paris (PDF). Ce retrait constitue un point central de la contestation portée par l’association.

Un bâtiment muré et laissé inoccupé

Le bâtiment a été muré afin d’éviter les intrusions, selon le promoteur du projet. L’ASPEA indique que la maison est aujourd’hui laissée à l’abandon, ce qui alimente les inquiétudes quant à son avenir.

Ce type de situation est régulièrement observé dans les contextes de projets de démolition, où des bâtiments anciens restent inoccupés en attendant une opération immobilière.

Pour l’association, cet état ne remet pas en cause l’intérêt patrimonial du pavillon ni la possibilité d’envisager des alternatives à la démolition.

Une pétition qui rassemble rapidement des soutiens

La pétition intitulée Sauvons la maison centenaire et les arbres remarquables du 44 Gabriel Péri a été lancée par l’ASPEA. En une semaine, elle a recueilli plus de mille signatures. Au 10 février, 1 265 personnes avaient signé le texte.

Cette mobilisation rapide témoigne de l’intérêt d’une partie des habitant·es pour la question du patrimoine bâti et des espaces arborés en centre-ville.

L’association précise qu’à ce stade, aucune réaction officielle de la mairie n’a été communiquée à la suite de cette pétition.

Les demandes formulées par l’ASPEA

Dans ce dossier, l’ASPEA formule plusieurs demandes précises. Elle sollicite tout d’abord la suspension immédiate du projet de démolition prévu au 44 avenue Gabriel Péri.

L’association demande également la protection du pavillon historique et des arbres remarquables. Elle évoque notamment un classement patrimonial ou une protection adaptée dans le Plan local d’urbanisme.

Enfin, l’ASPEA appelle à l’ouverture d’une étude d’alternatives. L’objectif serait d’intégrer la maison et les arbres dans un projet réhabilité, tout en respectant leur environnement et le cadre urbain existant.

Un recours gracieux déjà rejeté

L’association indique avoir déposé un recours gracieux auprès de la ville en 2025. Ce recours a été rejeté par la commune.

Ce refus s’inscrit dans un contexte où les arbitrages entre développement urbain et préservation du patrimoine peuvent donner lieu à des désaccords durables entre collectivités, associations et riverain·es.

À ce stade, la mobilisation se poursuit sous la forme de prises de position publiques et d’interpellations dans le cadre du débat municipal à venir.

La situation du 44 avenue Gabriel Péri illustre les tensions qui peuvent émerger autour de l’évolution du tissu urbain à Antony. Entre projets immobiliers, règles d’urbanisme et attachement au patrimoine architectural, ce dossier continue d’alimenter les échanges locaux.

🔗 Pour en savoir plus : Voir sur le site de l'ASPEA

back to top
Résumé de la politique de confidentialité
Antony & vous

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Cookies strictement nécessaires

Ce site utilise Google reCAPTCHA pour se protéger contre les spams et les abus. Cette solution de sécurité repose sur des cookies techniques strictement nécessaires au bon fonctionnement du site. Ces cookies ne peuvent pas être désactivés. Pour en savoir plus : Politique de confidentialité de Google ReCAPTCHA
Consulter les conditions d'utilisation de Google ReCAPTCHA.

Mesure d’audience

Ce site utilise Google Analytics 4 pour mesurer la fréquentation et améliorer son contenu. Les données collectées sont anonymisées (adresse IP partiellement masquée, pas de suivi publicitaire) et conservées pour une durée limitée (2 mois). Ces cookies peuvent être désactivés. Pour en savoir plus, consultez les règles de confidentialité des données collectées au sein de l'UE de GA4.